Résistances, un festival accessible pour tous

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Depuis trois ans, le festival Résistances s'est ouvert aux problématiques du handicap. De nombreuses solutions sont apportées pour rendre l'événement accessible à tous.

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Ceux qui ont voulu commander une boisson à la buvette du festival Résistances en ont peut-être fait l'expérience : pour obtenir sa commande, il faut savoir signer. En effet, des sourds et malentendants font partie des bénévoles qui se relaient pour servir les spectateurs. L'échange entre les clients et les serveurs prête parfois à sourire, mais l'initiative fonctionne.

Trois ans de progression

Il faut dire que l'accessibilité pour tous les publics fait partie de la conception du festival. «Cela a commencé en 2012, lorsque nous avons choisi le thème du handicap, raconte Marlène Tardif, la coordinatrice de l'événement. On s'est rendu compte qu'il fallait être cohérent et qu'on ne pouvait plus se contenter de répondre aux personnes qui nous demandaient par mail la liste des séances accessibles aux sourds.»

Dès lors, plusieurs actions ont été entreprises. Le premier chantier fut celui de la projection en version pour sourds et malentendants. Grâce à une aide de la Fondation de France, quelques séances ont pu être adaptées la première année. C'est Joli mai, une nouvelle scop de Moulis, qui a en charge la partie technique. Camille Nicoli, cofondatrice, explique qu'il s'agit «d'incruster des sous-titres pour les paroles, bien sûr, mais aussi pour décrire l'ambiance, ces sons qui font partie du récit mais auxquels les malentendants n'ont pas accès». Hélas, cela coûte cher. Pour l'heure, la Direction régionale des affaires culturelles et la région participent financièrement, mais les séances concernées sont relativement peu nombreuses (1). Le festival doit donc choisir les films en fonction de l'enveloppe budgétaire.

C'est le travail de l'association Sans dessus-dessous, dont le président, Mustapha Zergaoui (lui-même atteint de surdité), se félicite que «ces dispositifs se développent. Les différences s'effacent, et tout le monde ressort plus riche grâce à l'échange». Des interprètes sont en outre employés pour traduire les débats en langue des signes. Pour les déficients visuels, les documentaires sonores sont aussi beaucoup plus diffusés qu'auparavant, «et on privilégie les films en audiodescription, quand ils existent !», précise-t-on du côté de la programmation.

Faire attention aux détails

Conforme aux normes d'accessibilité, l'Estive peut recevoir les handicapés moteurs. «Mais il reste tout un travail de petits détails à régler», souligne Franck Deffarge, membre de l'Association des paralysés de France. Les toilettes de l'Estive ne sont par exemple plus accessibles après la fermeture, alors que les soirées continuent à l'extérieur. Des toilettes sèches accessibles aux handicapés moteurs ont ainsi été installées cette année. Un travail d'accessibilité fidèle à l'esprit du festival.

(1) Aujourd'hui, les documentaires «Antifa, chasseurs de skins» et «Rocker tu penses» sont diffusés en VSM à 10 h. Vendredi, rendez-vous à 21 h pour «La Jetée», et «La Buissonnière», en présence du réalisateur Jean-Baptiste Alazard (la rencontre sera interprétée en LSF).


Le chiffre : 4

courts métrages > en version adaptée. Le festival a proposé une séance en version pour sourds et malentendants pour chacun des thèmes proposés.

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